mardi 17 janvier 2017

Sept ( Khalid EL Morabethi )


Sept, me maudire oui. Sept, rester insomniaque jusqu’à la fin de ce truc vivant, jusqu’à son prochain appel. Sept, me maudire oui. Sept, le fil. Sept, l’enfer. Sept, les cent kilos. Sept, je collectionne les syllabes. Sept, fantôme. Sept, les neurones agissent seul. Sept, me maudire oui. Sept, la cheville droite tombe. Sept, la langue meurt. Sept, les esprits reprennent leurs chuchotements. Sept, me maudire oui. Sept, je souris, me maudire oui. Sept, je dois vivre ce moment. Sept, me maudire oui, je dois vivre en ce moment. Sept, mon regard. Sept, le grand regard. Sept, j’ose bouger. Sept, quelque chose suit son cours, me maudire oui, quelque chose suit son cours. Sept, le souffle. Sept, me pendre oui, me maudire oui. Sept, des cadavres. Sept, des cadavres dans mon petit placard. Sept, mon cerveau. Sept, me maudire oui, mon cerveau s’agite, le cerveau accroché à ma gorge s’agite. Sept, le courant. Sept, me pendre oui. Sept, me pendre dans mon petit placard, oui, me maudire oui. Sept, je souris. Sept, la porte. Sept, l’évasion. Sept, des complices. Sept, les complices mangent ma viande. Sept, j’écoute mon cerveau. Sept, un son sort. Sept, me maudire oui, le son sort de mon cerveau. Sept, me pendre oui, ça m’aiderait à faire sortir une syllabe de mon cerveau. Sept, me maudire oui, tenir le rôle, cracher, tenir le rôle, me maudire, vomir dans la salle de bain, me pendre oui. Sept, je ferme la porte. Sept, je me suis enfermé dans la répétition, me maudire oui. Sept, la corde, l’envie d’une corde. Sept, je regarde le mur. Sept, quand je regarde le mur, je dis que c’est un mur, un grand mur, mon mur, mon cerveau. Sept, je touche le mur, je ne sais pas dans quelle maison, ce n’est peut-être pas mon mur, mais voilà, je suis debout, je touche le mur, c’est magnifique, je me sens bien, je ne suis pas seul, il y a un homme habillé en robe longue, il est calme, il m’observe, je touche le mur, je suis heureux, je touche le mur. Sept, me maudire oui, la maudite syllabe, me pendre oui. Sept, ma peau. Sept, outsider. Sept, manger. Sept, remplir le vide du ventre. Sept, manger et ramasser les organes. Sept, cent sept kilos. Sept, me maudire oui, les yeux sur un ramassis de syllabes, sur des points et des virgules, me pendre oui, sur un nombre, sur un membre absent. Sept, j’adore faire saigner ma tête en me frappant contre un mur, je touche le mur, me maudire oui. Sept, je suis un mur, me pendre oui. Sept, un mur dans mon cerveau, des vaches dans mon cerveau, un ange dans mon cerveau, diable, diable, diable sous forme d’un rat dans mon cerveau. Sept, mierda. Sept, mierda dans mon corps. Sept, mierda, me pendre, une chose mille fois répétée, me pendre oui. Sept, je mange, comme quatre, sans jamais me remplir, me maudire, cent sept kilos, me pendre oui, je n’ai plus froid, je suis un vampire, me maudire oui, je touche le mur, je suis un mur. Sept, je touche le mur d’une maison qui n’est pas la mienne, je suis un vide sidéral, j’avale. Sept, j’avale tout. Sept, une citrouille me sourit, je souris, me maudire oui, me pendre. Sept, tenir le rôle, toucher le mur, sourire, vomir, me pendre, me maudire, tenir le rôle, avoir trois cent kilos. Sept, la pluie. Sept, la pluie tombe dans mon cerveau, les fenêtres de mon cerveau sont fermées, les volets sont baissés, outsider, la lumière fait peur, outsider, me maudire oui. Sept, je touche la pluie, je touche mon cerveau, je touche la pluie, je dessine la pluie. Sept, la pluie est belle, les gouttes ruisselaient le long de ma gorge, le long de mon cerveau, le long, long, le long de mon cerveau dé-vas-té. Sept, des vases de fleurs. Sept, des vases té-ténébreuses. Sept, je touche mon cerveau DE-VAS-TE-ténébreux. Sept, je dois vivre en ce moment. Sept, je touche le mur, le sien, l’homme habillé en femme, une longue robe, il me suit du regard et envisage un début de conversation, me maudire oui, me pendre oui. Sept, mon cerveau sur le carrelage, ma tronche sur le carrelage, les étoiles filantes sur le carrelage. Sept, il y a une fleur à côté du cerveau qui me regarde tendrement. Sept, outsider, me maudire, me pendre oui, mon cerveau fait des bonds. Sept, neurones. Sept, les poumons. Sept, la cheville gauche tombe. Sept, je touche. Sept, syllabe. Sept, une cicatrice. Sept, une cicatrice sur le bras. Sept, une cicatrice au cerveau, sur la fleur planté à côté du cerveau. Sept, je touche la cicatrice. Sept, une cicatrice écrite sur le mur, son mur. Sept, me maudire, le maudire oui. Sept, des phrases insipides. Sept, le hasard. Sept, des phrases hasardeuses. Sept, rester insomniaque jusqu’à son prochain appel. Sept, je touche le mur, me maudire oui, je parle avec le mur, je parle de la rivière, je dessine une petite rivière et de ce qui va se passer si je traverse la petite rivière, je touche mon dessin, je touche le mur, me pendre oui, je touche la rivière, mon cerveau touche la couleur de la rivière. Sept, il y a une petite rivière dans mon cerveau. Sept, me maudire, belle rivière, je touche le mur, beau mur. Sept, je dois vivre en ce moment, me pendre, je souris. Sept, la grande syllabe, la maudire oui. Sept, je touche son mur, son cerveau, le maudire, je redis, le maudire oui. Sept, quatre cent kilos. Sept, outsider, maudire le mur, maudire la rivière, maudire le cerveau, maudire l’homme, me maudire, je souris, me maudire oui. Sept, le muscle. Sept, le muscle répétitif se suicide dans mon ventre, je l’admire. Sept, j’admire mon muscle, je touche le muscle, je souris, l’homme habillé en femme, m’observe, il sourit, il m’admire. Sept, le placard bouge. Sept, maudire les cadavres dans mon petit placard. Sept, maudire les poissons rouges qui touchent mon cerveau. Sept, maudire les poissons rouges qui touche ma cicatrice. Sept, il y a des poissons rouges dans mon cerveau, ils parlent dans mon cerveau, ils nagent dans mon cerveau, ils touchent la syllabe. Sept, les poissons rouges touchent le mur. Sept, il y a un cerveau dans ma gorge, des poissons dans ma gorges, des poissons qui vomissent dans ma gorge, me maudire oui. Sept, je suis un poisson. Sept, je suis un poisson qui nage dans une rivière, ma rivière, me maudire oui, la rivière dessinée sur un mur, me pendre oui. Sept, il y a un placard dans mon cerveau. Sept, je vois des cadavres dans mon cerveau. Sept, me prendre oui, maudire, pendre, sourire, maudire, tenir. Sept, les neurones du singe. Sept, les neurones, maudire les neurones, qu’ils se pendent oui. Sept, maudire les numéros. Sept, la syllabe, qu’elle se pende oui, la syllabe cachée derrière ma gorge, derrière la fleur ténébreuse, derrière mon cerveau, qu’elle se pende oui. Sept, il m’observe, il m’admire, l’homme me sourit. Sept, je touche le mur, c’est l’histoire, me maudire oui, c’est l’histoire d’un mur, me pendre oui, faut que je touche le mur, c’est mon rôle, me maudire oui, tenir le rôle, je touche le mur. Sept, tenir le rôle et rester insomniaque jusqu’à la fin de ce truc. Sept, vivant. Sept, l’appel. Sept, le prochain appel. Sept, le rôle. Sept, le grand rôle. Sept, je suis un placard. Sept, je suis des cadavres. Sept, maudire l’odeur du placard. Sept, je touche. Sept, je touche le mur, maudite main, qu’elle se pende. Sept, je dois vivre en ce moment, je dois toucher le mur. Sept, mon cerveau ne peux rien dire, je touche le mur, je ne comprends pas, mon cerveau ne dit rien, l’homme m’observe, je touche le mur, me maudire oui, je ne pose pas de questions, me pendre le soir, la lune sourit, mon cerveau ne me dit rien, je ne pose pas de questions, je touche. Sept, je touche le mur jusqu’à la fin de ce truc vivant. Sept.

Khalid EL Morabethi

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