samedi 5 novembre 2016

Muscle ( Khalid EL Morabethi )


Muscle, je tourne mes yeux dans ma tĂȘte et je vois un muscle, je vois un cƓur dedans le muscle, je vois une route familiĂšre et un animal autre que moi, je vois ce qui couche en moi. Muscle, je tourne une idĂ©e dans ma tĂȘte et je vois des veines grise dans le sous-bois, assises, bavardes et qui attendaient l’intraveineuse, muscle, mon muscle, les nerfs, l’origine de la peste, l’origine d’un sentiment drĂŽle, l’origine de la rĂ©pĂ©tition, muscle, je tourne mes yeux dans ma tĂȘte, je trouve des vĂȘtements et, dedans, je vois la lumiĂšre qui entre dans le mur de la cuisine. Muscle, mon muscle, les nerfs, muscle, il me parle, il me chuchote Ă  l’oreille, il me fait la musique Ă  l’oreille, il plante une graine dans mon oreille, muscle, je tourne mes yeux dans ma tĂȘte, ce n’est pas du nĂ©ant et ce n’est pas non plus le silence, c’est de la trompette, muscle, ma langue est lourde, les nerfs, la trompette, l’origine de la peste, l’origine de la sĂ©cheresse, l’origine de ma premiĂšre prononciation du mot « muscle », ma langue est lourde, je vois mes jambes, je sens la poussiĂšre et les nuages dans ma gorge, je sens la boue et les plumes d’oiseau dans ma gorge, je sens ma violence et les branches sĂšches dans ma gorge, je sens ces phrases, ses phrases dans ma gorge, muscle, je sens chaque criminel de moi, chaque battement de mon cƓur quand le mot « muscle » sort de ma bouche. Muscle, je ne vois pas avec mes yeux, ils me font mal, mes yeux tournent dans ma tĂȘte, la mĂ©duse m’incite Ă  tourner Ă  gauche Ă  l’entrĂ©e d’un cerveau blanc, tremblant, pour voir une colline qui s’Ă©lĂšve Ă  environ quelques mĂštres au-dessous d’une pensĂ©e disloquĂ©e … Muscle, je vois ce qui couche en moi, il se coupe, il se couche, il touche la graine au milieu du cerveau blanc, mes yeux tournent dans ma tĂȘte et je vois ce qui se forme, une queue, des ailes, des muscles, des os, dragon, je suis un dragon, muscle, je tourne mes yeux dans ma tĂȘte, nu, le visage qui mue, muscle, je porte le muscle, je porte le dragon dans mon ventre, ma tĂȘte ressemble Ă  un dragon, dans le miroir je vois un dragon, muscle du dragon, muscle, le dragon, je le vois prendre ma main pour Ă©crire, je ne vois pas avec mes yeux, ce ne sont pas mes battements, je ne sens plus mes jambes mais je les vois, je vois ce qui couche en moi, il a une belle voix si proche Ă  mon ouĂŻe, il a une belle voix, je ne sens presque plus ma gorge, c’est la gorge du dragon, mes poumons me font mal, mes poumons reçoivent l’air du dragon, muscle, je tourne mes yeux dans ma tĂȘte, le regard du dragon trouve dans mon corps un refuge, grand dragon qui porte mon simple muscle, l’origine du cƓur, l’origine de la peste, l’origine de l’oxygĂšne, je vois un muscle, je vois un cƓur dedans le muscle, je vois une route familiĂšre, je vois ce qui couche en moi, dragon, dragon, muscle, le dragon couche en moi, me chuchote Ă  l’oreille, muscle, dragon me chante Ă  l’oreille …


y que gime''

-Raphael 


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