mardi 19 avril 2016

Mon hibou a les yeux bleus ( Khalid EL Morabethi )


Mon hibou a les yeux bleus  et tout au fond tant de bras sortent de terre, ils veulent s’accrocher, ils veulent s’approcher, tant de bras sortent des murs, ils parlent entre eux, ils veulent mettre le feu, tant de bras sortent du lit, ils veulent Ă©trangler le corps d’un gros minable, ils entrent dans le ventre et arrachent ses entrailles, ils entrent  dans le ventre et ils l’assaillent, ils l’assassinent, personne n’annonce sa mort et le soleil se cache dans le dos du corps. Tout au fond, mon hibou assassine mes pensĂ©es et ordonne aux sens de ne rien dire, ne rien Ă©crire et de partir apprendre Ă  danser. Mon hibou a les yeux bleus et tout au fond mon*monstre m’insulte, ‘’ Gros minable, petit con, bouffon, espèce de merde ‘’ puis il s’excuse, le monstre s’agite Ă  l’intĂ©rieur de mon corps sur lequel je n’ai pas de contrĂ´le, voilĂ  pourquoi je fais n’importe quoi, voilĂ  pourquoi mes pensĂ©es s’entretuent, voilĂ  pourquoi  c’est difficile d’entendre, il bloque mes oreilles , rien ne m’appartient, voilĂ  pourquoi je m’excuse sans raison. Monstre,  monstre s’agite sous ma peau, au-dessous de la table, au-dessous de mon crâne et au fond de mon âme, je l’entends vocifĂ©rer Ă  l’intĂ©rieur de mon ventre, je t’entends battre près de mon cĹ“ur, minable muscle, monstre me parle, depuis l’enfance, il est nĂ© avec moi, il n’a jamais Ă©tĂ© passager, mon hibou avait pris le cĹ“ur et il l’avait partagĂ©. Mon hibou Ă  les yeux bleus et tout au fond ce  monstre voudrait que je meure ** comme une fleur, celle qui ne ressemble Ă  rien, celle qui ressemble Ă  un fantĂ´me dont on sent la prĂ©sence, dont on entend la voix mais dont on ne comprend pas le sens.


Khalid EL Morabethi

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