dimanche 12 avril 2015

Attendre ( Khalid EL Morabethi )


Un rideau qui s’agite,
Un autre coucher de soleil,
Une horloge qui marche √† l’envers
Un morceau de pain par terre,
Une terre pleine de poussière.
Qui attend,
Depuis si longtemps.
En fin, la nuit impose son silence,
Une silhouette se poste devant la fenêtre face à la lune éclatante,
Et chante la col√®re, la haine et la honte !
Chante l’attente,
La colère respire,
La haine pousse des soupirs,
La honte ne peut rien dire,
Elles attendent quelque chose,
Patiemment,
Silencieusement,
√Čternellement.
Le rideau s’agite,
L’horloge marche toujours √† l’envers,
Pour que peut-être les prières fassent revenir le capitaine parti en mer,
Le bon capitaine,
Pour que peut-√™tre le sang vers√© puisse faire revenir ce qu'il y'avait de plus cher,
Pour que peut-√™tre il n'y ait point eu de guerre,
Pour que peut-être le porteur du drapeau blanc puisse rentrer à la maison,
Vivre plus longtemps.
Les rideaux s’agitent,
Les feuilles d’un cahier volent, elles sont libres maintenant,
Des phrases qui forment un poing, 
 Des phrases qui attendent, qui ne veulent pas partir loin,
Une phrase a mis dans une plume la semence,
D’o√Ļ fleuriront l’esp√©rance, le sens et la conscience,
Qui attendent,
Longuement,
Eternellement,
Patiemment,
En silence.
Près du lit, la vieille foi se prosterne
‘’ √Ē pri√®re !  √Ē patience ! √Ē pri√®re ! ‘’
Elle attend,
 Peut-√™tre demain tout changera,
Peut-être la pitié tombera,
Du ciel,
‘’ O ciel ‘’
Peut-être demain, elle verra la mésange,
Peut-√™tre demain, elle resaluera l’ange,
Elle attend,
Patiemment,
Courageusement,
En silence.

Khalid EL Morabethi

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