vendredi 19 décembre 2014

A , accent grave ( Khalid EL Morabethi )


A, accent grave,
À côté, deux hommes de noir vêtus disent qu’ils savent,
Que ce n’est pas grave,
S’ils peuvent dire des mensonges,
Si leur nom de famille est Ange,
Si leur stylo bleu voulait écrire une nouvelle genèse,
Une nouvelle hypothèse,
Et oser écrire en rouge la vérité entre parenthèses.
A, accent grave, 
À côté d’un arbre parlant, une personne qui joue de la lyre,
De l’autre côté, un poète d’une autre ville, ne fait qu’écrire,
Et prés de lui, un crieur ‘’ Je ne voudrais pas partir ! ‘’
Et sa femme enceinte lui dit qu’il faut absolument sortir,
De leur désert, leur terre  leur maison, leur jardin,
Vendre l’arbre et mettre fin.
‘’Il faut une fin ! ‘’
Dit du haut de la grande tour, un conteur,
Puis il sourit
Et silencieusement comme son père, il  meurt.
‘’ Accent grave sur le a ! ’’
Me dit un monsieur en colère et s’en va,
Et …
Dans un silence d’enterrement,
Le vent se leva,
Et magiquement, il se mit à chanter dans une langue inconnue,
Une langue qui a pu faire renaître la mère,
Un espoir peut-être d’un enfant ou d’un père,
Une foi qui a repris enfin son apparence humaine,
Un espoir peut-être, un sourire d’une reine,
Une étoile d’un regard ouvert,
C’est la mère, la mienne ou la sienne, les bras ouverts.
Accent grave,
Un chemin s’est ouvert,
Le maudit ouvre ses yeux, marche enfin avec des ailes derrière.

Khalid EL Morabethi

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