jeudi 13 juin 2013

Couleur tristement belle. ( Khalid EL Morabethi )


Couleur tristement belle.
Un tableau montrant  un dĂ©sert vide et un corps inconnu, fixant le ciel.
Un esprit penseur qui  songe simplement Ă  cette vie, veille
Et qui sait que son cerveau ne peut supporter plus de dix nuits sans sommeil.
Une ombre courbĂ©e traverse ce cimetiĂšre oĂč gisent les histoires d’autrefois,
Un fantĂŽme peut-ĂȘtre du passĂ© chante prĂ©s de sa tombe, l’oubli de soi.
Et ce cri, coincĂ© entre la gorge et le cƓur,
Et ce sourire, d’un malheureux qui cherche dans son jardin vide, une unique fleur.
Et ce ciel bleu au-dessus d’une Ăąme vagabonde qui traverse le pont,
Criant, hurlant si quelqu’un l’entend.

Couleur entre le gris et le noir.
L’esprit du peintre erre  toujours dans les couloirs,
Contemplant ses tableaux, ses blessures.
Dessinant sur le mĂȘme mur,
Nos actes, nos pensées ridicules,
Nos faux profils derriĂšre les cellules.
Dessinant une fin Ă  tous ceux qui ont promis de tout recommencer
Dessinant la chanteuse de la vie en rose, que sa mĂ©lodie aujourd’hui ne fait que pleurer.

Couleur bleue, jaune, gris, rouge peut-ĂȘtre.
Un autre héros crie au secours.
Des soldats par terre, morts …
Et le dĂ©sespoir ramasse leurs derniĂšres lettres d’amour.
Une rĂȘverie et sa foi, une promesse et ses pourquoi,
Marchent, trainant leur peine.
Plus loin, la confiance seule, rejetée,
La terre vient de mourir, le ciel est plombé et fermé.

Une couleur tristement belle.
Plus rien, que ce lit froid,
Plus rien, que ce silence et l’attente, pas de choix.
Je coupe ma respiration et je regarde par la fenĂȘtre,
La sueur et l'alcool emplissent l’air,
Pour l’amour du ciel, Qui a Ă©touffĂ© nos priĂšres ?

Khalid EL Morabethi

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